Jeudi, Septembre 28, 2006

Marche libre

Libre marche au pays du marché libre… Une fois libérée de ses accents (par la faute d’un clavier non seulement qwerty, mais dénué d’accents…)*, la langue française prend une richesse double, semble-t-il. Il faudrait soumettre la question à l’Académie, et nous aurions sans doute pour cela le soutien de quelques millions d’étrangers, notamment quelques Chinois, menacés de calvitie si les accents ont bien, outre leur fonction sémantique, le don de faire s’arracher les cheveux par poignées à quiconque ose s’approcher pour la première fois d’une grammaire française.

Pour parler doublement, je dirais donc que je marche plutôt librement par ici, tout en pratiquant un marché libre et plutôt pas noir, le libre échange de bons procédés pour lequel les Chinois semblent particulièrement doués, et qui, paraît-il, serait en accord avec leur conception – peut-être similaire, en tout cas plus explicite que la nôtre – des rapports interpersonnels : le don implique sa réciproque, et mieux vaut finalement être celui qui donne que celui qui reçoit, car ce dernier est redevable, à plus ou moins long terme, d’un don équivalent.

Rien de très nouveau sous le soleil humain, me direz-vous, à ceci près que cette loi fondamentale me semble ici facile à mettre en pratique de façon ouverte et sans complexe, et donne lieu aux échanges les plus incongrus. J’ai ainsi pris conscience que ma pratique de la langue française avait ici une valeur non seulement poétique, « romantique » (le mot récurrent par excellence quand on en vient à citer la France, après « Zidane » et « Eiffel Tower »), et marketique (quotient d’image entièrement satisfaisant, puissance 10 sur l’échelle du potentiel sympathie), mais aussi marchande : entendre deux mots de français, ça se paie cher par ici il faut dire…

Je fais donc du trafic de langue de Molière, non pas à la sauce gribiche car de ce côté là ils n’obtiendront rien de moi, je ne sais cuisiner qu’au wok, mais à ma sauce commerciale personnelle, c’est-à-dire à l’instinct : une demi-heure de français contre une demi-heure de chinois, le jeudi, avec une professeur d’anglais chinoise (nos chers étudiants apprennent la grammaire avec des professeurs chinois, et nous gardons la cerise sur le gâteau : le vocabulaire, la pratique orale, le « fun » de la culture occidentale, l’exotisme de notre présence sur l’estrade, censée leur rappeler, tout de même, que derrière la frontière de l’Empire, existent bel et bien ces diables d’étrangers, et que l’anglais, ce mythe vivant, est une langue bel et bien pratiquée par des gens à peu près censés) ; un cours particulier (!) d’une heure et demi, hier, de danse classique, sur le campus voisin de l’Ecole Normale du Yunnan, par un professeur intrigué de voir une Française vouloir pratiquer le « ballet » en Chine (c’est comme si, m’a-t-il dit, il allait étudier l’Opéra de Pékin à Paris…), et que je vais aider, pour ma part, à prononcer le vocabulaire technique, tous ces « plié », « jeté », « enveloppé » grâce auxquels nous maintenons notre présence impériale à travers le monde – loués soient-ils. 

Pour ne pas trop m’appesantir sur ces expériences tout à fait intéressantes par ailleurs, je dirais que, de la première, je retire une conscience nouvelle et saisissante de l’absurdité de notre langue, et la sensation curieuse d’articuler quelques mots de français une fois dans la semaine, sensation buccale pâteuse, et résonnance des mots dans les tympans, comme si je m’entendais soudain parler. De la deuxième, je retire d’horribles courbatures, et la recommandation de pratiquer dix minutes tous les matins le maintien de posture, l’assouplissement du coup de pied, la jambe sur la barre et les six positions des bras, en attendant de tenter de suivre le cours avec les élèves après les vacances de la Fête Nationale, d’ici quinze jours… Je profite de cet intermède douloureux pour glisser que j’ai récemment compris ce qui me fascinait (en tout cas, l’une de mes sources de fascination, je crois) chez les Chinois : ce mélange de relâchement, de traitement des problèmes « à la dernière minute » (i.e. quand le mur menace de s’effondrer) dans l’entretien matériel des choses comme dans leur posture personnelle, la démarche large et posée qu’ils ont, sans encombre de parade ni de nulle tentative d’esbroufe ; et, d’autre part, de discipline incroyable, de capacité à avancer, pas à pas, et, par le travail, à obtenir ce qu’ils veulent.

Ce mélange savant ne semble toutefois pas tout à fait s’appliquer à mes élèves, chez qui j’observe un dosage aigu de la première tendance, la capacité à réviser en catastrophe, sous mes yeux et pendant le cours même s’il le faut, la leçon d’avant, si la question publique (danger suprême, car risque de perdre la face devant le groupe) menace à l’horizon. Cependant là encore, j’ai trouvé une valeur particulière à ma position de Française : avoir eu moi-même à passer par les mêmes affres pour apprendre l’anglais (et notamment, avoir connu l’horreur de la prise de parole, dévoilement honteux au groupe d’un accent lamentable, que les Français partagent avec les Chinois) est un atout certain, et un argument de vente imparable pour leur faire accepter l’idée que oui, il va falloir bosser un peu, les gars, si vous voulez décrocher deux mots d’anglais un jour, mais c’est possible... A cela, j’ajoute une deuxième couche, le fait que je suis également en train de galérer pour apprendre le chinois, ce qui, là aussi, m’aide à comprendre leur façon parfois passablement intrigante d’envisager certaines structures, me sert de deuxième joker pour leur imposer l’idée du travail (et non la croyance en « l’Anglais Saint », souffle divin directement tombé du ciel dans leurs cerveaux frais et dispos), et les détend sérieusement quand par hasard je tente un mot dans leur langue et perd lamentablement la face (sans avoir aucun moyen de savoir ce que j’ai bien pu dire de si drôle ; mais chez eux aussi, les accents ont des vertus poétiques insondables, bien plus variées encore que les nôtres…)…

Tout ça pour dire que la langue de Zidane a encore de l’avenir, toute pleine de corners, de tacles et de coups fourrés qu’elle soit, et que je compte bien lui découvrir encore d’autres avantages. En attendant, je profite des avantages de l’anglais, sans qui je ne serais pas là pour participer, moi aussi, à « aider et soutenir l’école » : c’est là la mission pour laquelle nous avons été principalement remerciés, au cours de l’un des nombreux toasts dont nous faisons l’objet tous les quinze jours, en dînant avec le Président et les Vice-présidents. Ultime échange de bons procédés, et ultime preuve que les langues ont, ici, une valeur économique universellement admise et proclamée, pour laquelle il vaut bien l’investissement de soigner dignement une bande de onze professeurs comme la nôtre…

Cela dit, je sens, outre ces considérations marchandes, un profond respect et une curiosité sincère de la part de chacun, que je retourne au centuple pour ma part, éprouvant par ailleurs la reconnaissance d’être accueillie sur une terre qui, comptant déjà un milliard d’individus, n’avait pas nécessairement besoin de ma présence supplémentaire pour continuer à avancer. C’est du moins le sentiment que je peux éprouver, régulièrement, dans la rue, au cœur de la pulsation incessante de la vie qui bat partout ici. Dans l’enceinte de l’école néanmoins, et dans quelques moments d’échanges volés au coin des trottoirs et des parcs, j’ai parfois le sentiment inverse que si, après tout, il y avait bel et bien une place pour moi ici… Chère Chine…

 

*Entretemps je me suis procuré un clavier français, et ai procédé à l’édition des textes, accents compris… Le petit jeu de mot « marche/marché » fonctionne moins bien alors…


Posted by Pauline at 07:47:51 | Permanent Link | Comments (8) |

Samedi, Septembre 23, 2006

Eternel ménage de printemps

Kunming, si attirante, peut-être, parce que son nom sonne comme « come in ! », me faisait remarquer un ami anglais, est la ville de l’Eternel Printemps. « The Spring City », affirment partout les bus, couverts de placards enthousiastes, ces bus verts qui sillonnent la ville à coup de freins et de mouvements presque ondulants de l’arrière-train, en hurlant jusque par les fenêtres les noms des arrêts à venir et leur message de bienvenue, et en klaxonnant tout élément mobile entré malencontreusement dans leur champ de vision autrement dit, en klaxonnant…  Autant dire qu’il vaut mieux éviter d’être debout sous le haut-parleur, à l’intérieur, mais qu’on peut par contre marcher le nez en l’air, à l’extérieur, pas de risque de rater l’approche sonore du véhicule. Je ne tente pas néanmoins le nez en l’air, me contente de promener mon long nez (puisque c’est comme ça que qualifient les Chinois nos pics, caps et péninsules olfactives) à la verticale, devant moi, car je dois moi aussi contrôler mon champ de vision, à défaut de champ auditif, saturé quant à lui. Les Chinois, tout tonitruants qu’ils soient, ont inventé le scooter silencieux, une sorte d’insecte planant sur les rues, les trottoirs et toutes les surfaces décemment praticables, redoutable ennemi du piéton rêveur ou abasourdi. Et c’est là le moindre obstacle à la flânerie citadine…

J’ai eu droit, peu après mon arrivée, à une visite médicale complète (eh oui ! après le marathon qu’il avait fallu faire à Paris pour obtenir un magnifique certificat tamponné par quarante-six institutions et aussi cher qu’un mois de ravitaillement ici ; mais nous avons tous, dans nos pays respectifs, eu droit au même scenario, les Américains ayant en plus la chance de payer leur consultations dix-huit fois plus cher que les nôtres), au cours de laquelle on a vérifié à peu près tout ce qu’il y avait de vérifiable chez moi en surface et en profondeur, mais pas, je m’en étonne à présent, l’état de mes conduits auditifs.

Je ne demanderai pas pour autant à retourner dans ce charmant hôpital, et me contenterai d’estimer moi-même, intuitivement, ma capacité d’écoute. Celle-ci est rudement sollicitée il faut dire, notamment quand il s’agit de décrypter ce que veulent bien vouloir me dire les étudiants en anglais… Finalement, le chinois débité par le haut-parleur du bus est d’une limpidité absolue en comparaison. Il a au moins le mérite d’être craché de manière audible, sans que je sois obligée de venir coller mon oreille de trop près, risquant d’outrepasser la zone de distance personnelle minimale et respectable, et de terrifier définitivement un pauvre étudiant en passe de devenir un super héros de la langue anglaise.

Je commence donc ma pratique auditive journalière à 6h15 le matin, parfois avant si l’un des coqs du voisinage s’est pris d’une quinte de toux prématurée (nous attendons tous ici la grippe aviaire avec impatience ; du moins est-ce une pensée, idiote certes, qui peut traverser l’esprit de bon matin), par une espèce de coup de clairon, rapidement suivi d’un petit extrait d’un tube de pop local, que j’essaie d’apprécier à sa juste valeur, puis, dès 6h30, d’un air de symphonie désormais bien assimilé, qui m’a frappée par sa familiarité, à vrai dire, dès le premier jour, jusqu'à ce que je réalise qu’il s’agissait de la version pompière de « La Mère Michelle »… De là à savoir qui a précédé l’autre, la Mère Michelle ou cette version Lustucrue, le mystère reste ouvert…

Cet air enjoué est doublé d’une saccade allegretto de « yi, er, san, si ! » (demandez à un Chinois de vous le prononcer avec le ton : ça ajoute une dose certaine d’enjouement…), autrement dit « un, deux, trois, quatre ! », dans le haut-parleur toujours, cerné à présent de centaines d’étudiants vifs et alertes, remuant bras et jambes dans la lumière encore grise et opaque. Du moins est-ce comme ça que je les vois, car j’en suis, à ce moment là de la journée, à tenter d’enlever la couche de sommeil et de mauvaise blague du réveil qui m’opacifie la vue et le cerveau.

Il y a des haut-parleurs partout, à vrai dire, et ils sont parfois camouflés, ou plutôt décorés (car l’objectif semble plus de les mettre en valeur que de les écarter de la vie publique), en pierres traditionnelles chinoises ou autres petits animaux démoniaques (là, c’est mon interprétation de la mythologie haut-parleuresque qui parle). Au style de musique ou de paroles qu’ils se mettent parfois à chanter, au cours du jour et de la nuit, on peut savoir où l’on en est : pause de 9h40 le matin, pause déjeuner et temps de la sieste, après-midi sportive ou heure du coucher.

J’ai dix-huit heures de cours par semaine, du lundi au vendredi, le samedi et le dimanche étant non seulement fériés (un fait rare par ici, ou rien ne s’arrête jamais : je vais par exemple demain, dimanche, à la banque ouvrir un compte…), mais aussi étonnamment calmes, livrés aux seuls coqs qui, malgré tous leurs efforts, n’arrivent pas à la cheville de leurs confrères électroniques. Cela fait quatre classes, autrement dit une petite centaine d’élèves, qui chacun ont un visage et un nom chinois, et me dévisagent avec intérêt − du moins au début du cours, quand il n’est pas encore question de parler anglais ; ensuite, c’est à celui qui se tassera le plus près de la table, quitte à se tordre de côté, à moitié dans le couloir, pour éviter mon regard et l’éventualité d’une question…

Pour faire face à cet épineux problème, a été inventé le concept du « nom anglais », que les Chinois ont tous, du moment qu’ils sont amenés à travailler avec des étrangers. Je me suis donc retrouvée, plutôt gênée, à demander à ceux de mes étudiants qui n’en avaient pas encore, de bien vouloir se choisir des prénoms anglophones. Ce à quoi il a bien fallu les aider, et bizarrement, quand on a fait le tour de ses amis anglo-saxons, viennent rapidement à la tête une flopée de noms français… Heureusement, Hollywood est venu à ma rescousse, et j’ai pu in extremis sortir une liste de noms sur le tableau noir : Marylin, Robert, Tom…, pour mon plus grand bonheur à présent quand je les interpelle.

Cela dit, certains étudiants avaient déjà de longue date trouvé leurs noms de substitution, et à comparer nos effectifs entre profs d’anglais étrangers, il semble qu’il y ait un certain nombre, allez savoir pourquoi, de Cinderella, Snow, Ice ou Apple, sans oublier le registre des prénoms démodés ou connotés « Middle-West, années 40 ». J’ai pour ma part la chance unique d’avoir un Zidane, qui a lui-même une chance inespérée, car je ne l’oublie jamais et me tiens toujours prête à l’interroger quand vient une panne de mémoire ou une menace de confusion, très malvenue, entre deux élèves.

J’ai moi aussi mon nom chinois, qui m’avait été donné il y a trois ans sur la Muraille de Chine par un groupe d’étudiants sichuannais rencontrés ce jour là, et que je garde précieusement car après vérification dans mon tout nouveau dictionnaire chinois (alias petit livre rouge qui ne quitte plus mon sac, surtout quand je pars en ville en quête de choses aussi tordues qu’un pauvre flacon d’après-shampoing, qu’il ne s’agit pas de prendre anti-poux ou décolorant, ou pire – car proprement introuvable – de cotons à démaquiller : le dictionnaire finit par éviter, après maintes tentatives de mimes et de gestuelles compliquées, de se voir présenter le rayon entier de tampons, de serviettes éponges ou de crèmes à raser…), le nom signifie bel et bien quelque chose comme « précieux sac à trésor » : Bao Lin. Je garde, et tâcherai de faire bon usage de ce sac là, le remplissant de tous ces trésors chinois que m’apporte chaque journée…

En attendant, dans mes balbutiements linguistiques et mes tentatives, n’est-ce-pas, de rapprochements pédagogiques inter-conceptuels, voila que ça m’évoque plutôt les brioches à la vapeur du petit déjeuner, « baozi », ou les sacs du supermarché, « bao », innombrables et que je renonce à refuser à la caisse, tant ils sont, avec les litres de « Mr Muscle » que je déverse dans mon appartement (martyrisant ma bonne conscience écologique…) pour palier à l’inefficacité absolue d’un ménage fait à l’eau froide, les partenaires indispensables d’un minimum d’hygiène… Je fais forte consommation aussi de lingettes nettoyantes (eh oui, on aura tout vu : après tant de plaidoyers contre la lingette, fossoyeur de nos écosystèmes…), solution la plus pratique que j’aie pu trouver pour l’instant contre cette satanée craie… Cela dit je vais voir à changer cela, et peut-être trimballer sur moi un morceau de savon et un essuie-mains, pour donner le bon exemple à mes élèves dans les toilettes (édifiantes…) de l’université…

Ainsi commencent les révolutions, n’est-ce-pas, et particulièrement ici, où il semble qu’un mouton noir fasse rapidement des petits : le mimétisme fonctionne à plein, et j’observe avec intérêt la façon dont Coca Cola Inc. s’introduit actuellement dans la cantine, à l’heure du déjeuner, sur des petits chariots poussés par quelques étudiants en quête de jobs à temps partiel. Si la révolution rouge et blanche fonctionne bien, il y aura une bouteille par table d’ici la fin de l’année ! Je veillerai à suivre ça de près…


Posted by Pauline at 08:00:01 | Permanent Link | Comments (11) |

Vendredi, Septembre 15, 2006

Grand bond

Grand bond en avant, pour sûr. Me voici à Kunming, la capitale du Yunnan, dans le Sud-ouest de la Chine, à 1500 mètres d'altitude environ. Je traduis par "environ" le fameux "maybe" des Chinois, deux syllabes magiques qui mériteraient leurs idéogrammes attitrés, tant elles s'intègrent harmonieusement dans la langue ambidextre que nous parlons ici entre nous, Chinois et Occidentaux.

Ambidextre, car parait-il, il faut savoir manier ses deux cerveaux pour parler chinois : le gauche et le droit. J'essaie d'enseigner l'anglais à des Chinois par l'ordre et la logique, associative ou autre, que l'on m'a transmise, en bonne fille de Descartes et d'Europe ; et de lier les sons barbares du chinois selon l'ordre romain de leur transcription phonétique.

Mais c'est par le cœur qu'il faut se connecter, par le plexus et les entrailles, la musique et la transe. Alors je me laisse vibrer au son de mes CD d'apprentissage du chinois ("en 90 leçons", satisfait ou remboursé...), je répète inlassablement les phrases et les tournures que me crache l'ordinateur, tout en m'hypnotisant des méduses phosphorescentes de l'économiseur d'écran. Et je chante l'anglais devant mes étudiants, me changeant en Polichinelle de l'enseignement, mimant tout, de l'hôtesse de l'air au badaud reniflard, en passant par le professeur d'aérobic et le bébé coursant sa voiture en plastique sur le tapis (sauf que je me tiens à distance du sol, une règle d'hygiène fondamentale en Chine...)...

A environ 1500 mètres, donc, je loge parmi environ cinq mille étudiants, tout un personnel dédié à l'administration et à l'entretien du campus, et quatre-cent professeurs, dont une dizaine de guest stars, dont j'ai l'heureux privilège de faire partie : les professeurs étrangers. Ce statut est le sésame des plus grands avantages, de l'étage de l'appartement (on ne voudrait pas nous faire monter trop d'escaliers − j'échappe, par chance, à ce principe, étant au dernier étage possiblement alloué à un étranger, le 5ème, et bénéficiant d'une vue captivante sur la montagne et les toits des maisons alentour), aux invitations à diner bimensuelles, présentation officielle du Président devant la presse locale (qui s'est empressée de photographier deux spécimens de notre équipée exotique), distribution de cartes bilingues de la ville, et autres minibus spéciaux affrétés à nos déplacements collectifs.

Nous sommes, il est clair, assez repérables et intrigants, et évoluons sur les terres densément peuplées du campus au son des "hello !", lancés par certains étudiants téméraires (qui généralement se replient de sitôt sur quelque pouffement étouffé), et soutenus parfois par les regards les plus curieux, certaines têtes se dévissant presque pour ne pas risquer de nous perdre après nous avoir dépassés.

Ma grande terreur est de ne pas reconnaitre un étudiant, et je me tiens prête à sourire à la moindre alerte, quitte à lâcher moi aussi quelques "hello !" préventifs, en cas de doute sévère, ou à opter pour le sourire perpétuel, une technique par ailleurs favorable à la santé, au bonheur personnel et collectif et, qui sait, à l'optimisation de la transformation nécessaire, je le sens bien, de ma configuration musculaire faciale, si je veux un jour arriver à articuler quelques mots de chinois − quelques mots compréhensibles, j'entends, car si articuler des mots est tout à fait négociable, les doter d'un sens un tant soit peu sinisant est une autre affaire... Et à bien observer, il semble que les Chinois ne s'embarrassent pas tant de leurs lèvres que nous pour parler, serrent les dents s'il le faut, et font de la langue un usage qui m'échappe encore, linguistiquement parlant (pour ce qui est d'attraper du riz dans la bouche, par contre, cela semble assez évident ; comme je l'ai lu quelque part, il n'y a point de manière inenvisageable de faire passer la nourriture du bol aux dents...). Tout ce que je sais, c'est que le tai chi chuan recommande de laisser monter sa langue au palais, pour une circulation fluidissime du Qi, et que j'ai passé de longs mois chez l'orthophoniste pour apprendre précisément le contraire, ce qui me navre car voici mon Qi menacé, sans parler de ma prononciation...

Je ne doute pas que quelques temps par ici remettront tout ça en bonne et due place, et que mes deux cerveaux, le yin et le yang, sauront se reconnecter, et chanter librement en toutes les langues, anglais, français et chinois pour commencer.

Je remercie ce blog de me faire pratiquer un peu mon français. Je promets une version chinoise d'ici 2023.

Posted by Pauline at 09:09:58 | Permanent Link | Comments (19) |

Dimanche, Septembre 10, 2006

Blogs amis autour du monde

 

Si vous en voulez plus, mon site est toujours on line :


http://www.paulinefraisse.com : peinture et dessins, carnets de voyage, un petit bout de Chine notamment, en images... (Attention, le site s'ouvre avec Firefox ou Safari, pas avec Internet Explorer...)



Les textes et photos de mon voyage autour du monde en 2003 sont désormais sur http://pauliglobe.blog.com.


Et voici quelques liens vers des blogs d'amis, passionnants :


http://creativecowboyfilms.com/gallerycberlatier : tout simplement magnifique... Pour qui veut voir la Chine en version colorée, en perspectives, en lignes de fuite, en graphisme et en détails touchants. Photos de Catrine, qui vit à Wuhan, et voyage à travers le pays, dès qu'elle en a l'occasion.


http://dumplingsalerable.unblog.fr/ : une famille montréalaise, Peter, Myriam et leur fils Noah à Kunming ! Histoire d'avoir une autre vision de la vie ici en 2008... On s'est rencontrés à l'école où j'enseignais, Peter était prof lui aussi.


http://estelle-et-axel-au-yunnan.over-blog.com/ : et pour une autre version encore de la vie à Kunming, le blog d'Estelle et Axel ! Estelle venait dans le Yunnan régulièrement depuis 18 ans quand elle a finit par y déménager... avec son fils Axel, pas toujours enchanté d'avoir eu à suivre, mais au final, à fond dans l'aventure !


http://www.flickr.com/photos/22530329@N04/ : Christophe, alias Cricri à vélo... Rencontré en Thaïlande en février 2007, il faisait un tour d'un an en vélo ; il est passé par Kunming, et lui aussi s'est fait prendre au charme de la ville, où il est venu étudier le chinois à la fin de son périple cycliste. Ses photos du Tibet sont magnifiques.


http://www.culture-aventure.fr/ : 3600 km à vélo le long de la route de la Soie : le blog de François, qui passe notamment en Chine, est une merveille d'humour et une mine d'information. Mention spéciale à la rubrique « tour des 2 roues en Chine », http://www.3600km.net/Theme_velo.htm : je vous invite fortement à aller voir, il y a de quoi prendre un bon tour de roue-rire !


http://dicidense.free.fr : un blog d'écrivains, Marie-Laure et d'autres autour d'elle, qui se fixent pour mission d'écrire, chaque semaine, de la fiction moderne, provocatrice parfois, pour s'empêcher de tourner en rond.


http://aietben.blog.lemonde.fr : deux ans déjà, que Bénigne et Ai nourrissent ce blog passionnant sur leur vie a Tokyo : un bonheur pour qui veut naviguer dans la culture japonaise, photos et liens hypertextes à l'appui.


http://doudouintheskywithdiamonds.blogspot.com : Doudou, alias Julien, en mission humanitaire à Gambella, en Ethiopie : beaucoup d'humour et d'émotion, car il ne s'agit pas d'un terrain easy, easy...


http://montexasamoi.blog.lemonde.fr : Ninon, "desperate housewife" au Texas, nous en livre une vision feuilletonnée qui vaut bien celle du tv-show !


http://www.fraisse.biz : le site de Timothée, médecin à Genève et étudiant a Paris, ultra curieux et qui fut l'un des pionniers du partage d'informations sur le net : toujours à l'affût d'une façon originale de présenter les choses.


http://ontheroadagain.neufblog.com : les "Tribulations" de Véronique, attachée de presse et photographe free-lance à Paris, une mine de créativité et de sujets originaux.


http://dessinsadessein.hautetfort.com : tout en créativité, Isabelle croque à l'aquarelle, transforme des images, invente des « bidules » et cuisine (et livre ses recettes...).


http://www.aristid.fr : le site d'Aristide, un ami chanteur et compositeur dont j'attends avec impatience l'enregistrement d'un deuxième disque... Des textes poétiques et plein de chocs, et la voix, et le son qui vont avec...


http://www.maximiliendurand.com : Maximilien, passionné d'hagiographie depuis des années, vient de publier "Parfum de sainteté", et décoiffe la sainteté... Le site présente le livre, et l'unanime applaudissement de la presse.


http://nadette.artblog.fr : le blog de Bernadette, une amie peintre sensible aux arbres, aux couleurs et à la poésie. Plein de liens aussi vers d'autres univers qui l'inspirent.


http://michelleamram.blogspirit.com : les poèmes de Michelle, pour citer la chanson, sont des rêves, dont elle a tiré d'étonnantes peintures.


http://www.dusordet.com/monblog : le blog de Blandine et Guillaume, partis explorer la Grosse Pomme, avec des interventions d'amis de passage aussi, et leurs impressions sur NY.


http://images.travelpod.com/travel-blog/patandsaoyuth/aroundzeworld/tpod.html : Saoyuth et Patrick terminent un tour du monde, bientôt un an sur la route... Et ils sont passés par Kunming !


http://www.manulaurence.canalblog.com/ : ...tout comme Laurence et Emmanuel, alias « Les Evadés du 15ème », qui ont poursuivi rapidement vers d'autres horizons, mais qui livrent une version hilarante, même si courte, de leur passage en Chine...


http://benoitmauvieux.top-depart.com/ : Kunming s'atteint en vélo, si, si... C'est ainsi que Benoit est arrivé, et j'ai eu grand plaisir à le rencontrer.


http://www.philippe-perot.fr : un étudiant français qui écrit, voyage et photographie, et qui a utilisé un de mes dessins pour illustrer son site...


http://bodhi.zenfolio.com/ : les photos, magnifiques, d'Adeline, à travers différents pays d'Asie. Beaucoup de très beaux portraits, et des compositions intéressantes, sur les marchés, les temples, quelques paysages...


http://robzwick.com/blog/ : de la photo, aussi, l'Asie et d'autres pays, par Robert, un Allemand qui vit à Vientiane, au Laos. Et des portraits amusants de ses amis...

 

 

Posted by Pauline at 01:11:31 | Permanent Link | Comments (0) |

Vendredi, Septembre 01, 2006

Mes adresses pour preparer un voyage

Medecin du voyage

Dr Florence BOSQUE, 26 avenue du Bel-Air, 75012 Paris. Tel : 01 43 45 01 52

Specialiste du voyage et des maladies tropicales, et equipee d'une base de donnee des pathologies identifiees au jour le jour dans le monde, le Dr BOSQUE a quitte l'Institut Pasteur pour monter son propre cabinet. Elle a une approche fondamentalement humaine, et egalement holistique, de la medecine, et une experience de terrain qui lui permet de donner des conseils vraiment pragmatiques et utiles. Je vous la recommande chaleureusement !

 

Agence de voyage

Les Connaisseurs du Voyage, 10 rue Beaugrenelle, 75015 Paris. Tel : 01 53 95 27 00.

Site : www.connaisseursvoyage.fr

Specialistes des tours du monde, dont ils vendent je crois desormais plus d'un par jour, ils sont en plus imbattables sur les billets d'avion classiques, sympathiques, et plein d'experience et de bons conseils eux aussi.

 

Cafe-restaurant-bibliotheque

Le Zango, 15 rue du Cygne, 75001 Paris. Tel : 01 40 26 27 27 / 58 rue Daguerre, 75014 Paris. Tel : 01 43 20 21 59

Site : www.zango.fr

Outre la cuisine ultra "world" et les prix raisonnables sur les boissons, c'est l'endroit ideal pour passer un apres-midi a consulter des guides de voyage (collection complete des Lonely Planet), cartes, magazines... sur un canape confortable. Et pour rencontrer d'autres voyageurs, notamment le premier mardi de chaque mois avec les Cafes de l'Aventure. Et a vrai dire, meme sans preparer de voyage, j'aime bien le canape...

 

Posted by Pauline at 16:40:04 | Permanent Link | Comments (0) |